C’est même plutôt l’inverse
Ce que l’IA a changé pour moi, ce n’est pas qu’elle ferait le travail à ma place. Ce n’est pas vraiment comme ça que je l’utilise. Elle a surtout fait tomber une barrière énorme : la barrière de démarrage.
Avant de lancer un projet, il y a toujours ce moment un peu pénible où l’on sait déjà tout ce qu’il va falloir défricher avant de voir apparaître quelque chose. Organiser, structurer, reformuler, chercher par quel bout prendre le sujet, produire une première version qui sera probablement mauvaise, mais nécessaire. Et souvent, avant même d’avoir un truc concret sous les yeux, une partie de l’élan est déjà partie.
Avec l’IA, on arrive beaucoup plus vite dans le réel.
On pose une idée, même floue, même pas totalement mûre, et assez vite il y a quelque chose à regarder. Un début de structure, une piste, une interface, un prototype, un texte. Ce n’est pas forcément bon, évidemment. Mais ça existe. Et parce que ça existe, on peut enfin le juger, le critiquer, le tordre, le casser, le reprendre.
C’est là que ça devient intéressant.
Le vrai sujet, pour moi, ce n’est pas seulement d’aller plus vite. C’est de pouvoir se demander plus vite si on est sur la bonne piste. Est-ce que ce n’est pas du déjà-vu ?
Est-ce que la forme n’est pas séduisante mais le fond un peu mou ? Est-ce qu’on peut faire plus simple, plus juste, plus proche de ce qu’on avait vraiment en tête ?
L’IA sort la tête du guidon. Elle donne une forme à une intuition, et d’un coup on peut la regarder pour de vrai.
Philippe Mihelic
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