Le GEO, ou Generative Engine Optimization, pose une nouvelle question aux marques : comment être non seulement trouvées, mais aussi comprises, citées et racontées par les intelligences artificielles ?

Pendant des années, les marques ont appris à parler à Google

Elles ont structuré leurs contenus, travaillé leurs mots-clés, optimisé leurs pages et surveillé leur position dans les résultats. C’était déjà un vrai sujet de visibilité, mais la mécanique restait assez claire : apparaître, être bien classé, être trouvé.

Avec les moteurs d’IA, la question change. Ce n’est plus seulement : est-ce que ma marque apparaît quelque part ? C’est plutôt : qu’est-ce que ChatGPT, Gemini, Perplexity ou Mistral comprennent de ma marque, et surtout qu’est-ce qu’ils en racontent quand quelqu’un leur pose une question ?

À VivaTech, il faudra notamment regarder de près Bluefish AI, une start-up new-yorkaise qui travaille sur la manière dont les marques et les produits sont représentés dans les moteurs d’IA. Son sujet : mesurer ce que les intelligences artificielles comprennent d’une marque et la façon dont elles la racontent.

Être trouvée ne suffit plus

Dit simplement, le GEO (Generative Engine Optimization) ne consiste pas seulement à optimiser une page pour qu’elle remonte dans Google. Il s’agit de rendre une marque suffisamment claire, cohérente et crédible pour qu’une intelligence artificielle puisse la comprendre, la citer et la raconter correctement.

Et c’est là que le sujet devient beaucoup plus intéressant qu’un nouvel acronyme de référencement. Une IA ne se contente pas de lire le site officiel d’une marque. Elle reconstruit une réponse à partir de ce qu’elle trouve, de ce qui se répète, des sources qu’elle juge fiables, des articles, des partenaires, des clients, des comparatifs et de tout ce que la marque ne contrôle pas complètement.

Autrement dit, une marque ne sera plus seulement jugée sur ce qu’elle dit d’elle-même. Elle sera aussi reconstruite à partir de ce que son écosystème permet de comprendre d’elle. Et entre ce qu’une marque pense être, ce qu’elle affirme être et ce qu’une IA finit par raconter, il peut y avoir quelques surprises.

Le GEO pose une question de cohérence

C’est pour cela que le GEO touche au positionnement, à la plateforme de marque, à l’architecture des contenus, aux preuves disponibles en ligne et aux prises de parole. Il oblige à vérifier que tout raconte à peu près la même histoire, ce qui est déjà un beau programme.

Le SEO organise la visibilité. Le GEO va peut-être organiser la compréhension. Et à mon avis, c’est beaucoup plus qu’un nouveau sujet de référencement : c’est une question de cohérence entre ce qu’une marque est, ce qu’elle dit, ce que les autres disent d’elle et ce que les intelligences artificielles en retiennent.

Mise à jour — juin 2026

Après la publication de cet article, LVMH a distingué Bluefish lors de VivaTech 2026 pour son travail sur la visibilité des marques dans les plateformes d’intelligence artificielle.

Source : LVMH à l’honneur pour les 10 ans de VivaTech.

Philippe Mihelic